Alors qu’il était candidat à la primaire de la droite, François Fillon s’est construit un personnage de vertu, totalement moral et droit. On se souvient des propos qu’il avait tenu à propos de Nicolas Sarkozy : 

  • « Imagine-t-on le général De Gaulle mis en examen ? »

Depuis l’image du candidat à la présidentielle s’est très nettement dégradée. Empêtré dans plusieurs affaires, François Fillon a tenté de reprendre la main lundi dans un conférence de presse sans précédent dans l’histoire de la cinquième République. Il s’est exprimé sur de nombreux sujets et en bon communiquant il a tenté d’inverser de se faire passer pour la victime du système médiatique. 

Nous ne reviendrons pas sur l’affaire de l’emploi fictif de son épouse à l’Assemblée Nationale, ni pour la Revue des deux mondes. Nous ne parlerons pas de ses deux enfants. Nous souhaitons nous arrêter simplement sur ces propos, d’un niveau de cours d’école :

  • « Ce sont les pratiques de la vie politique dont je vous parlais dans mon propos liminaire, qui sont très anciennes. Est-ce que je suis à l’origine de ces pratiques ? Non. Est-ce que je suis poursuivi pour ces pratiques ? Non. Est-ce qu’elles doivent cesser ? Oui. »

François Fillon répondait à la question d’un journaliste de BFMTV sur l’affaire des détournements de fonds du Sénat par le groupe UMP et sur les chèques qu’il aurait reçus à cette occasion lorsqu’il était sénateur. 

En clair, Fillon reconnait avoir touché de l’argent malhonnête. Il ne s’excuse même pas. Il dit simplement qu’il n’est pas le seul à en avoir profité. Comme un gamin pris en faute, il répond en pointant du doigt les autres. Et monsieur Fillon souhaiterait être président de la République.