Pour celles et ceux qui rêvent d’avoir la belle vie grâce à un bon parti, la réponse est désespérante : ces chances sont très faibles. Car les héritiers et héritières préfèrent s’épouser entre eux.

Cette réalité est mise en lumière par Nicolas Frémeaux, jeune chercheur en économie à l’université de Cergy Pontoise, ancien thésard de Thomas Piketty, dans le dernier numéro de la revue de l’Institut national d’études démographiques, Population, paru fin mars.

Résultat : non seulement les héritiers vivent et se reproduisent en circuit fermé, mais ils érigent des murs autour d’eux. Ils ne frayent pas avec des prétendants qui ont le double handicap de gagner peu et de ne rien posséder. Et ils ne condescendent même pas à tomber amoureux de gros revenus sans fortune familiale. Le patrimoine constitue leur unique boussole.

Est-ce conscient ou inconscient ? « Chez les très riches, des stratégies volontaires sont mises en place pour éviter de mauvais mariages, comme les rallyes, répond M. Frémeaux. Pour les autres, ce sont les mécanismes traditionnels de l’homogamie qui jouent, c’est-à-dire le fait de fréquenter un certain milieu, d’aller dans certaines écoles, qui fait que vous rencontrez des gens qui vous ressemblent. » Les cendrillons dépitées peuvent quand même continuer à rêver un peu : ces résultats sont des moyennes. Il y a toujours eu, et il y aura toujours quelques exceptions.

Source : Le Monde