Les jeunes gens de la haute bourgeoisie réinvestissent en masse les rallyes, ces soirées mondaines où ils apprennent à se (re)connaître. Par temps de crise, l’entre-soi est une valeur refuge.

Un soir d’octobre, au coeur du VIIIe arrondissement de la capitale. Les salons du très fermé cercle France-Amériques sont éclairés sur trois étages. Un ballet de berlines sombres déverse au compte-gouttes de jeunes passagers en tenue d’apparat. Ils ont entre 15 et 18 ans. Enfants de la noblesse, de lignées séculaires ou de grandes fortunes, ils seront bientôt plus de 200 à faire swinguer robes à paillettes et costumes-cravates sous la discrète surveillance de leurs parents.

Imaginés par l’aristocratie dans les années 1950, après l’extinction des grands bals, ces clubs mondains réservés à sa seule descendance sont l’occasion rêvée de cimenter les liens. Le plus tôt étant le mieux. Comme la tradition le prévoit, ce sont les mères qui enrôlent leurs enfants dès leur septième ou huitième année. Les jeunes resteront liés au groupe jusqu’à leur majorité. Baptisé Opale, Amboise, Chambord ou du nom de ses généreux mécènes, chaque club rassemble entre 100 et 700 membres. Le montant des cotisations annuelles varie, lui, de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros pour les plus cotés. Un investissement à la mesure des attentes.

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Source : L’Express