L’heure H approche pour l’Apple Watch. C’est ce soir, le 9 mars, que Tim Cook, patron d’Apple, lancera à San Francisco la fameuse montre intelligente, avant sa commercialisation le mois prochain.

La montre connectée représente la première famille de produits créés par le groupe californien depuis la mort de son ancien patron, Steve Jobs, en 2011. Elle marque aussi une étape essentielle de la stratégie visant à faire d’Apple une marque de luxe, constate The Guardian, à Londres. Cette transition vers l’univers de la mode et du lifestyle a été amorcée dès 2007, quand Apple Computer est devenu Apple tout court, rappelle The Wall Street Journal.

Pour accompagner cette mutation, l’entreprise s’est offert 12 pages de publicité dans le magazine Vogue de mars. Ces derniers mois, elle a également débauché Paul Deneve, le PDG d’Yves Saint Laurent, Musa Tariq,  directeur du marketing sur les réseaux sociaux de Nike, et Angela Ahrendts, patronne de Burberry. Celle-ci sera notamment chargée de « créer une ambiance plus haut de gamme dans les boutiques Apple », explique le quotidien américain.

Miroirs et salons privés

Quand ces boutiques au design minimaliste ont ouvert leurs portes il y a une quinzaine d’années, elles ne ressemblaient à rien de connu, rappelleThe Washington Post. Elles affichent aujourd’hui le plus fort chiffre d’affaires au mètre carré de tout le secteur de la distribution. « Mais, avec l’arrivée de l’Apple Watch, le groupe va devoir revoir cette formule. » Car si les prix démarrent à 349 dollars (320 euros), le boîtier en or de 18 carats assorti d’un bracelet luxueux pourrait coûter, selon les estimations, entre 5 000 et 10 000 dollars (Apple n’a pas encore annoncé de prix).

Il faudra donc des miroirs en pied, des vitrines éclairées et des salons privés pour accueillir, sur rendez-vous, une clientèle exigeante. « Il faut une certaine intimité, explique au Washington Post un consultant spécialisé dans le design : je ne veux pas être observé par six ou sept personnes quand j’essaie [ce type de montre]. » Au passage, ajoute le quotidien, Apple risque de perdre une partie de ses clients traditionnels.

Mais le plus grand défi, conclut le Financial Times, sera d’expliquer au consommateur pourquoi il devrait acheter « un bijou coûteux dont la technologie risque d’être obsolète en quelques années ».

Source : Courrier international