Les plus riches émettent 2 000 fois plus de gaz à effet de serre que les plus pauvres

By Welp.sk (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

Les quantités de gaz à effet de serre émises dans l’atmosphère ne présagent pas seulement de l’évolution du changement climatique à venir, elles constituent aussi un solide indicateur des énormes disparités économiques dans le monde. C’est sous cet angle-là que les économistes Lucas Chancel et Thomas Piketty abordent la question de l’atténuation du réchauffement dans leur étude « Carbone et inégalité : de Kyoto à Paris », rendue publique mardi 3 novembre.

Pour dessiner une nouvelle géographie de la problématique climatique, les deux auteurs de l’étude se sont aussi arrêtés sur le cas des plus gros producteurs de gaz à effet de serre, c’est-à-dire ceux qui émettent au moins 9 fois plus que la moyenne. Ces 1 % d’individus – domiciliés aux Etats-Unis, au Luxembourg, à Singapour ou en Arabie saoudite – génèrent plus de 200 tonnes d'équivalent CO2 par personne et par an. A titre de comparaison, les habitants les plus démunis du Honduras, du Mozambique, du Rwanda ou du Malawi ont des émissions 2 000 fois plus faibles, proches de 0,1 tonnes d'équivalent CO2.